EDF va racheter les réacteurs nucléaires d’Areva

Publié par Cyril le 15 juillet 2015 dans Actualités

Le secteur de l’énergie devrait connaître dans les prochains mois un bouleversement conséquent. EDF pourrait en effet reprendre l’activité réacteurs d’Areva, sur fond de quasi-faillite du champion nucléaire français. Le point sur ce projet et ses conséquences éventuelles sur les prix de l’énergie.

 

Areva : un plan social massif

La façade du siège social d'EDFEn 2014, Areva a accusé Avec près de 5 milliards de pertes pour un chiffre d’affaires de 8,3 milliards d’euros. Une situation intenable pour le géant public du nucléaire, en charge de l’alimentation des 58 réacteurs français et du retraitement de leurs déchets. Ces pertes colossales interviennent en outre dans un contexte particulièrement tendu, entre les déconvenues techniques subies par l’EPR de Flamanville et l’information judiciaire tout juste ouverte concernant des soupçons de commissions lors du rachat de la société Uramin. Ces difficultés ont poussé le nouveau directeur général d’Areva, Philippe Knoche, nommé en janvier suite au décès de Luc Oursel, à lancer un plan social d’envergure. Des sources proches du dossier évoquent 6000 suppressions de postes dans le monde, dont 3 000 à 4 000 en France.

 

 

L’intervention de l’Etat

Dans ces conditions, l’Etat, actionnaire à 87% d’Areva, semble sur tous les fronts pour limiter la casse sociale. Principale piste envisagée : une intervention d’EDF, qui pourrait reprendre une partie des activités d’Areva. Les spécialistes de l’énergie soulignent les synergies possibles entre les activités de l’électricien et Areva NP (ex-Framatome), spécialisée dans la fabrication et la maintenance des réacteurs, sans oublier la fabrication du combustible nucléaire. Autre hypothèse, complémentaire : l’entrée du fonds souverain chinois au capital d’Areva, ou la reprise des activités du géant nucléaire français par les opérateurs CNNC et CGN. Une telle issue ne manque pas d’attrait pour la Chine, qui envisage de construire jusqu’à 200 réacteurs nucléaires d’ici à 2030.

 

 

Un rachat d’Areva sous haute tension

La refonte de la filière nucléaire française voulue par l’Etat passerait donc par une recapitalisation du champion nucléaire, avec la progression d’EDF vers un rôle d’actionnaire majoritaire de l’activité réacteurs. Concrètement, EDF et Areva NP devraient créer une société commune regroupant leurs activités d’ingénierie et de conception des réacteurs. A l’heure actuelle, Areva NP représente 40% du chiffre d’affaires du groupe, soit un peu plus de 3 milliards d’euros, et pèse 2,7 milliards d’euros dans ses comptes. Nonobstant cette valorisation, EDF a émis le 22 mai dernier une offre indicative d’environ 2 milliards d’euros.

 

La proposition n’a pas trouvé d’écho favorable du côté de Philippe Varin, président d’Areva, qui a fait le souhait d’une « négociation équitable » passant par une révision à la hausse de cette offre. En conséquence, M. Varin a mis en place un comité de 3 administrateurs indépendants et de Daniel Verwaerde, patron du Commissariat à l’énergie atomique, chargé de proposer une valorisation « acceptable » des activités cédées à l’électricien. Autre pierre d’achoppement : l’EPR finlandais, un fiasco financier qui compromet tout scénario d’avenir pour Areva. Autant d’inconnues qui pourraient se traduire par une forte hausse du prix de l’électricité au cours des prochaines années. Pour anticiper vos options, n’hésitez pas à recourir à un comparateur d’électricité en ligne, pour une électricité moins chère grâce à la libéralisation du marché.

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